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L’écologie européenne et le rôle des “novel food”

Le Pacte Vert pour l’Europe, ou Green Deal, examine très sérieusement la possibilité d’intégrer tout nouveau type d’aliment pour diminuer l’impact environnemental de ce que nous mettons dans nos assiettes. Le rôle de la “novel food”, les insectes, les algues, les nouvelles graînes, pourrait donc être à l’étude.

L’un des objectifs du Pacte Vert pour l’Europe est de trouver une solution pour créer une alimentation durable, verte, saine et de haute qualité nutritive pour les citoyens d’Europe. C’est la raison pour laquelle elle souhaite engager 40% de sa politique commune de l’agriculture au changement climatique. De plus, elle doit réserver 30% des fonds liés à la pêche maritime pour cibler directement des mesures environnementales.
 
Au printemps 2020, la commission doit présenter l’essentiel de sa stratégie “De la ferme à la table” qui devrait suivre les principes suivants :
– S’assurer que tous les citoyens européens aient accès à une alimentation accessible financièrement et durable
– Qu’elle soit une vraie solution au changement climatique
– Qu’elle protège l’environnement et la biodiversité
– Qu’elle favorise l’agriculture / l’élevage écologique et local(e)
– Qu’elle permette de réduire le gaspillage alimentaire
 
Elle devra proposer une solution pour que les produits importés respectent les nouvelles normes européennes environnementales, notamment en termes d’usage de pesticides.
 
Les habitudes alimentaires européennes devront peut-être être revues et la consommation d’insectes pourrait être une solution.
Aujourd’hui, la France n’autorise pas la commercialisation d’insectes dans un cadre juridique précis, elle la tolère. En outre, d’autres pays d’Europe la permette, ce qui accentue la concurrence déloyale des voisins européens par rapport aux acteurs français de ce secteur. Les autorités françaises promettent une autorisation de commercialisation en 2020 si les rapports de l’Autorité Européenne de sécurité des aliments (EFSA) attestent d’aucun risque sur la santé du consommateur (précaution outrepassée par d’autres états membres).
En Norvège, en Belgique et en Finlande, par exemple, les initiatives fleurissent (saumons nourris aux insectes, pain entièrement fait à la farine d’insectes…) pour investir le marché de ce que l’on appelle la “novel food”.
L’IPIFF, organisme à but non lucratif qui représente les intérêts du secteur de la production d’insectes, rapporte qu’à l’automne l’Europe, et tous ses pays membres, devraient autoriser la production et la consommation d’insectes.
L’entomophagie (consommation d’insectes par l’être humain) est considérée comme très prometteuse à la fois pour la santé humaine et pour la planète. En effet, elle est une solution aux problématiques liées à l’élevage intensif d’animaux (manque de place, production de nourriture pour les animaux, émission de gaz à effet de serre) et en conséquence ne contribue pas à l’appauvrissement de nos sols.
 
Les algues ont, elles aussi, un grand rôle à jouer dans notre consommation et la réduction de l’impact de notre alimentation sur la planète.
Elles sont une source de sels minéraux, fibres, protéines, oligo-éléments, vitamines autant pour l’alimentation de l’homme que pour son bien-être (médicaments, soins cosmétiques …) ou en complément dans l’alimentation du bétail. Les bénéfices de la culture de l’algue sont multiples également pour la planète puisque certaines, la spiruline par exemple, produisent plus d’oxygène qu’un arbre, exigent peu d’énergie et leur rendement est grand sur peu de surface. Certaines algues permettent aussi de lutter contre l’acidification de l’océan et sa désoxygénation (puisqu’elles produisent de l’oxygène!) et donc pourraient aider à rééquilibrer la biodiversité. Ajoutées dans l’alimentation des animaux, elles pourraient aussi réduire de 70% l’émission de méthane par les élevages bovins.
 
Qu’attendons-nous pour diversifier nos repas avec des aliments pourtant consommés depuis plusieurs siècles par d’autres civilisations? Espérons que la Commission Européenne puisse rapidement légiférer dans le sens de l’éveil de notre curiosité gastronomique!
 

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